Quand Dumas travaille…

…il ne fait rien à moitié ! Outre toutes les recherches décrites dans le post précédent, il est aidé par son ami et collaborateur, Auguste Maquet.

Celui-ci lui amène les faits, personnages, événements historiques et lui propose des épisodes. Puis Dumas les met en bouquet, les pimente, les assaisonne, bref, les romance. Comme le dit  Henri Troyat dans Alexandre Dumas, le cinquième mousquetaire : « Ces phrases, qui s’enchaînent si bien, sont de lui [Dumas], et cependant il est souvent redevable à un comparse de l’idée qui les inspire. Comme toujours, il privilégie le travail d’équipe. Qu’on lui apporte de l’extérieur le thème central, les détails topographiques et historiques, une chronologie succincte, et il se chargera de nouer en un bouquet aux couleurs inimitables. »

Alors, évidemment, libre à lui de modifier telle ou telle chose : il est le maître de son récit. Toutefois, il s’impose quelques règles : veiller à respecter un minimum les lieux, les événements et les moeurs du XVIIe siècle. Voilà aussi une des raisons de l’incroyable succès de la saga, c’est la sensation d’être à la fois en dehors et en dedans de l’Histoire. Dumas se considère comme historien dans le sens large du terme. Je vais citer une nouvelle fois Henri Troyat : « En fait, ce qui distingue Dumas de l’historien qu’il prétend être, c’est la liberté même qu’il adopte vis-à-vis de l’histoire. Il la refait à sa façon, tout en respectant les grandes lignes tracées par les érudits professionnels. »

Les « érudits » dont Henri Troyat parle pourraient certainement être les (vrais) historiens de l’époque. Dans sa préface, Dumas fait référence à Louis Pierre Anquetil qui a écrit une Histoire de France en 1825 :« Ils [les lecteurs] n’y [le roman de Courtilz] reconnaîtront pas moins, aussi ressemblantes que dans l’histoire de M. Anquetil, les images de Louis XIII, d’Anne d’Autriche, de Richelieu, de Mazarin et de la plupart des courtisans de l’époque. »

Un autre grand historien, Jules Michelet, dont Alexandre Dumas est fan, l’a aussi inspiré. Toutefois, la définition de l’histoire par Michelet est aujourd’hui très controversée. Ayant été au service de Louis-Philippe, il était reconnu officiellementpour écrire des âneries ! Michelet n’était pas rigoureux ni très objectif dans ses écrits. C’est d’ailleurs lui qui a véhiculé l’idée fausse d’une Bastille sale, puante, aux multiples tortures dans Histoire de la Révolution Française. On peut difficilement reprocher à Dumas d’admirer son homonyme du récit fictionnel !

Après que Dumas s’est appuyé sur des bases historiques « solides », il va pouvoir passer à la fiction ! On avait vu précédemment que le « vrai » d’Artagnan n’aurait pas pu faire le siège de la Rochelle, Dumas va donc avancer l’action de 15 ans. Magique, tout concorde mais la réalité historique commence à s’atrophier. Le « remodelage » continue avec l’opposition psychologique Louis XIII/Richelieu ainsi qu’avec la liaison entre Anne d’Autriche et le duc de Buckingham. Oh, c’est faux ? Quel dommage ! C’est justement pour cela que Dumas l’a inséré, pour faire vibrer le lecteur. L’histoire perdrait de son charme sinon !

Bêtisier

L’erreur est humaine, Dumas n’y coupe pas !
Premièrement, il pratique l’anachronisme (volontaire ou non, on ne le sait pas). Les mousquetaires habitent dans des rues indiquées et des maisons numérotées. C’est tout bonnement impossible, les plaques avec les noms des rues apparaissent à partir de 1728 et les numéros, sous Napoléon !
Deuxièmement, la chronologie ne semble pas l’intéresser ! Si vous prenez la peine de lire le roman, vous verrez que la notion du temps chez Dumas est très aléatoire. Par exemple, si l’action se passe un jeudi, « le lendemain » n’est pas forcément un vendredi ! On peut rapporter tout cela aux années, aux dates historiques, aux âges des personnages, etc.
Ma liste n’est pas exhaustive, il y a bien sûr d’autres erreurs chez Dumas mais l’explication voire l’excuse à toutes ces « bourdes » est simple : le roman-feuilleton. Alexandre Dumas envoie au journal (Le Siècle) un chapitre chaque semaine et ne travaille pas seul, les incohérences deviennent légion.

Le saviez-vous ?

Athos, Porthos, Aramis et plus tard d’Artagnan sont des mousquetaires gris, couleur dûe à la robe des chevaux qu’ils montaient.

Henri IV mit en place une compagnie de gentilshommes armés de carabines. Puis, Louis XIII remplaça ces armes par des mousquets, fusils à canon long, pour créer la première compagnie de mousquetaires (utilisateurs du mousquet) en 1622. Elle fut dissoute par Mazarin en 1646 puis reconstituée par Louis XIV en 1657. Elle fut désormais connue sous le nom de « mousquetaires gris » (chevaux gris). Une deuxième compagnie créée en 1663 devint celle des « mousquetaires noirs » (chevaux noirs). Composées chacune de 250 nobles, elles suivaient le roi à l’armée et logeaient à ses côtés.

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L’Histoire dans le roman

Le principal événement historique autour duquel se tisse la trame du roman de Dumas est le siège de la Rochelle.

Un petit résumé ne fait jamais de mal :
Le gouvernement de Louis XIII décide de rétablir le culte catholique en Navarre et de restituer ses biens au clergé. Une expédition militaire est envoyée, réveillant un sentiment de révolte chez les protestants. L’évènement marquant de cette guerre de religions en est le siège de la Rochelle. Richelieu assiège la ville huguenote en l’isolant d’abord côté terre puis côté océan avec une digue longue de 1,5 km. Les Anglais ne peuvent plus ravitailler la ville. La Rochelle tombe donc en automne 1628. La paix d’Alès est signée quelques mois plus tard. Même si elle maintient l’édit de Nantes (1589), les protestants n’ont plus de privilèges politico-militaires.

Voici ce que l’Histoire raconte mais Dumas, lui, a inventé une raison pour cette fameuse prise de la Rochelle. Il l’explique lui-même dans son roman, chapitre XLI intitulé « Le siège de la Rochelle » :
« Le siège de la Rochelle fut un des grands événements politiques du règne de Louis XIII, et une des grandes entreprises militaires du cardinal. […]

La Rochelle, qui avait pris une nouvelle importance de la ruine des autres villes calvinistes, était donc le foyer des dissensions et des ambitions. Il y avait plus, son port était la dernière porte ouverte aux Anglais dans le royaume de France ; et en la fermant à l’Angleterre, notre éternelle ennemie, le cardinal achevait l’oeuvre de Jeanne d’Arc et du duc de Guise. […]
Mais nous l’avons dit, à côté de ces vues du ministre niveleur et simplificateur, et qui appartiennent à l’histoire, le chroniqueur est bien forcé de reconnaître les petites visées de l’homme amoureux et du rival jaloux.
Richelieu, comme chacun sait, avait été amoureux de la reine ; cet amour avait-il chez lui un simple but politique ou était-ce tout naturellement une de ces profondes passions comme en inspira Anne d’Autriche à ceux qui l’entouraient, c’est ce que nous ne saurions dire. […]
Il s’agissait donc pour Richelieu, non seulement de débarrasser la France d’un ennemi, mais de se venger d’un rival ; […] Richelieu savait qu’en combattant l’Angleterre il triomphait de Buckingham, enfin qu’en humiliant l’Angleterre aux yeux de l’Europe il humiliait Buckingham aux yeux de la reine. […]
Il en résulte que le véritable enjeu de cette partie, que les deux plus puissants royaumes jouaient pour le bon plaisir de deux hommes amoureux, était un simple regard d’Anne d’Autriche. »

Dumas l’avoue lui-même, la raison militaire de l’expédition appartient à l’Histoire. La suite de son argumentation n’est que fiction. Mais avouez que c’est beaucoup plus croustillant ! Faire la guerre pour une femme, cela ne vous rappelle-t-il rien ?

La situation nous ramène aux principes de chevalerie, Anne d’Autriche étant la Dame des pensées de Richelieu et Buckingham. Le tout est aussi théâtralisé que les histoires d’amour de tragédie. Les protagonistes deviennent des héros romantiques, victimes d’un amour impossible.

Le saviez-vous ?

Un autre évènement historique a été inséré par Dumas : l’assassinat du duc de Buckingham.
George Villiers, duc de Buckingham, est assassiné à Portsmouth le 23 août 1628 par un officier protestant, John Felton, alors qu’il comptait envoyer une seconde expédition à la Rochelle.
C’est ce que l’Histoire et également Dumas racontent. Sauf que notre auteur ne s’arrête pas là, il va plus loin en écrivant que c’est Milady qui a poussé Felton au crime.

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Milady & Co.

Que serait le roman sans ses personnages ?

Ils ont tous leur mot à dire. Grâce à Dumas, ils reflètent une idée, un sentiment, un principe romantique ou les travers de la société (sûrement celle du XIXe siècle). Toutefois, il serait intéressant de différencier l’Histoire et la fiction dans le portrait de chacun d’entre eux.

Commençons d’abord par les personnages historiques et l’idée qu’ils représentent :

  • D’Artagnan (le courage) : la biographie de notre héros a été changée pour qu’il puisse participer à l’aventure de la Rochelle (voir « Dumas se renseigne »). Dumas en a fait le plus jeune de nos quatre héros, le plus vif, le plus fougueux et également le plus naïf.
  • Athos (la sagesse) : le vrai personnage étant fade, Dumas lui a offert un titre de noblesse fictif (le comte de la Fère), un passé avec Milady et un penchant pour la bouteille. Il est le plus âgé de ses quatre compagnons, leur prodiguant des conseils précieux. Il a un rapport paternaliste avec d’Artagnan.
  • Aramis (la dissimulation/l’hypocrisie) : cet élégant mousquetaire a un caractère très controversé. Il ressemble fort au Tartuffe de Molière, naviguant entre la religion et les femmes. Il a l’esprit le plus réservé de la bande, aucun de ses compagnons ne savent vraiment ce qu’il pense. Dumas, comme pour Athos, lui a donné un titre (le Chevalier d’Herblay).
  • Porthos (la force) : il est décrit comme un colosse, Dumas lui attribue également un titre (baron du Vallon). Son cerveau n’étant pas énormément utilisé, c’est sa puissance qui inspire le respect. Il est le moins connu de la troupe puisque tout lui réussit dans sa vie privée.
  • Richelieu (le manipulateur) : d’après Dumas, le cardinal est un homme secret pour qui « la fin justifie les moyens ». Il pose ses cartes (Milady et Rochefort) sans jamais se salir les mains. Son but n’est pas d’humilier le roi mais plutôt, comme je l’ai dit dans le billet précédent (« L’Histoire dans le roman »), d’éloigner Buckingham de la reine. Il a un ascendant énorme sur Louis XIII et même, le surpasse en force de caractère (fictivement bien sûr).
  • Anne d’Autriche (la Dame d’amour) : la reine fait battre les coeurs, ce qui provoque des conflits sans précédent. On peut quasiment dire que le récit ne serait rien sans elle, ses ferrets et le siège de la Rochelle pour ses beaux yeux (voir « L’Histoire dans le roman »). La « vraie » reine avait repoussé tout type d’avance de la part de Buckingham et ne se  fourvoyait pas dans de pareilles galères.
  • le Duc de Buckingham (l’amoureux transi) : George Villiers est une victime de l‘amour impossible qu’il porte à la reine. Dumas le décrit comme un personnage romantique, galant et sensible alors que le « vrai » Buckingham ne possédait pas ces qualités. Au contraire, il était haï par beaucoup, en France comme dans sa patrie.
  • M. de Tréville (le patriarche) : sa biographie, comme celle de d’Artagnan, a été remodelée par Dumas. Etant capitaine des mousquetaires, il décide pour eux de leurs missions. Il n’hésite pas à les gronder mais aussi à les féliciter, tel un père avec ses enfants.
  • Louis XIII (le mari jaloux) : voilà un personnage digne du théâtre comique ! Dumas a donné à Louis XIII les pires défauts : faible, sans envergure, dégoûté des femmes et surtout jaloux. L’auteur fait exprès de le rendre insipide et méprisable afin que l’infidélité de la reine paraisse évidente et justifiée. Le roi des manuels d’Histoire n’est pas du tout comme cela, fort heureusement !
  • Mme de Chevreuse (l’intrigante) : même si elle n’a pas la parole dans le roman, la duchesse est partout ! Maîtresse adorée d’Aramis, meilleure amie de la reine, elle aide les mousquetaires dans leurs aventures. La duchesse de Chevreuse était réellement une proche de la reine et une sacrée coquine, Dumas n’a pas eu besoin de modifier grand chose !
  • John Felton (l’assassin/la victime) : ce pauvre protestant est à la fois la victime de Milady et l’assassin de Buckingham. Dumas nous fait ressentir de la pitié pour lui plus que de la colère. Le personnage historique est quasiment inconnu.

Nous allons maintenant pouvoir passer aux personnages entièrement fictifs (majoritairement tirés des Mémoires de M. d’Artagnan de Gatien de Courtilz de Sandras) et pourquoi Alexandre Dumas les a utilisés :

  • M. et Mme Bonacieux (le couple bourgeois) : ce sont des personnages tout droit sortis du théâtre. Le vieux mari et sa jolie jeune femme, qui ont des idées politiques différentes, ne s’aiment ni l’un ni l’autre. Constance Bonacieux a un rôle important puisqu’elle est à la fois la maîtresse de d’Artagnan, la confidente de la reine et la victime de Milady. Son mari n’est qu’un délateur cardinaliste faible et opportuniste qui précipite la chute de sa femme.
  • Milady de Winter (la femme fatale) : voici le stéréotype de Dumas sur la séductrice : belle, blonde, bien faite et immorale. Elle est le pire cauchemar des mousquetaires. Milady est un obstacle à chacune de leurs aventures et n’hésite pas à (faire) tuer Constance et Buckingham. Malgré tout, les quatre compères ne font pas dans la dentelle quand ils la croisent : Athos essaie de la pendre mais échoue et d’Artagnan la viole deux fois. A la fin du récit, ils se mettent à six, avec Lord de Winter et le bourreau de Lille, pour la faire décapiter.
  • le Comte de Rochefort (l’âme damnée) : le personnage est tiré, non pas des Mémoires de M. D’Artagnan mais des Mémoires de M. le Comte de Rochefort (voir « Dumas se renseigne »). Il devient, avec Milady, l’homme à abattre. Avec son profil atypique (la cicatrice sur la joue) et sa discrétion, il est le parfait bras droit de Richelieu qui lui confie des missions secrètes. A la fin du récit, il se range du côté de D’Artagnan.
  • Lord de Winter (l’adjuvant) : frère du mari de Milady, il découvre grâce aux mousquetaires le véritable caractère de sa belle-soeur. Il va mettre tout en oeuvre pour les aider outre-Manche en emprisonnant Milady et en prévenant Buckingham. Il est l‘un des six juges de cette femme.
  • Planchet, Mousqueton, Bazin, Grimaud et Ketty (les valets et la soubrette) : ils peuvent paraître insignifiants à première vue alors qu’ils rajoutent de la profondeur au récit : avoir un valet est un symbole de richesse à l’époque. De plus, les valets de Dumas ressemblent psychologiquement à leur maître respectif : Planchet (D’Artagnan) est fiable, Mousqueton (Porthos) est attiré par le luxe, Bazin (Aramis) est plus religieux que son maître et Grimaud (Athos) est aussi silencieux que le sien. Par contre, Ketty, la soubrette de Milady, est l’opposée de sa maîtresse : elle aime d’Artagnan d’un amour véritable et n’hésite pas à lui révéler les desseins sordides de la comtesse.

Sans le remaniement de l’Histoire et une part de fiction rajoutée par Dumas, le roman n’aurait plus autant d’attrait. Le principal motif de l’auteur est de gagner de l’argent : s’il fait rêver le lecteur, celui-ci achète le journal ou le livre. Donc un peu d’imaginaire et de « fariboles historiques » ne font pas de mal, au contraire, on peut dire que c’est payant !

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La suite ! La suite !

Je dirai même plus : suite et fin !

Après le succès retentissant des Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas ne s’est pas arrêté en si bon chemin ! Il a écrit deux suites : Vingt ans après (1845) et le Vicomte de Bragelonne (1848-1850) où on voit nos quatre héros évoluer, vieillir et mourir (hélas !).

Vingt ans après (la vengeance de Mordaunt) :

Comme son titre l’indique, l’action de ce roman se passe « vingt ans après » 1628, soit en 1648-1649.
Histoire : Louis XIII est mort depuis 6 ans. C’est la Régence. Anne d’Autriche dirige la France à la place de Louis XIV, trop jeune, avec son premier ministre, Mazarin. C’est également la Fronde, conduite par le Duc de Beaufort. En Angleterre, Oliver Cromwell soulève le peuple contre son roi et fait exécuter Charles Stuart 1er.
Fiction : d’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis ne se sont pas revus depuis le siège de la Rochelle. D’Artagnan est lieutenant des mousquetaires au service de Mazarin, Porthos est le plus riche bourgeois de Picardie, Aramis est devenu abbé et Athos s’est retiré au comté de la Fère pour élever son fils de 15 ans, Raoul, vicomte de Bragelonne. Contrairement au premier roman, les voilà séparés : d’Artagnan et Porthos sont mazarinistes tandis qu’Athos et Aramis sont frondeurs. Malgré tout, ils sont obligés de faire équipe pour sauver Charles 1er et  contenir Mordaunt, le  fils caché de Milady. Celui-ci a décidé d’éliminer un à un les  hommes qui ont fait assassiner sa mère. Nos quatre amis ne sont pas encore au bout de leur surprise !

Le Vicomte de Bragelonne (le Masque de Fer) :

Comme son titre ne l’indique pas, l’histoire se joue de 1661 à 1673.
Histoire :Mazarin meurt en mars 1661. Louis XIV, alors âgé d’une vingtaine d’années, obtient enfin la couronne. Il a autour de lui Colbert, intendant des finances et Fouquet, surintendant. Inutile de rappeler ce qui se passe après : Fouquet est arrêté par le capitaine des mousquetaires, d’Artagnan, pour fraudes fiscales. Après avoir quitté Marie Mancini, nièce du feu cardinal, Louis XIV fait la connaissance de sa nouvelle belle-soeur, Henriette d’Angleterre, et d’une suivante, Louise de La Vallière. C’est surtout un roman retraçant les débuts du Roi-Soleil !
Fiction : les quatre frais mousquetaires d’antan sont maintenant vieux et fatigués. D’Artagnan obtient enfin le poste tant convoité de M. de Tréville, Porthos est devenu le richissime baron du Vallon de Bracieux de Pierrefonds, Aramis est évêque de Vannes et Athos regarde amoureusement grandir le beau Raoul, âgé de 25 ans environ. La fin est proche, chacune de leurs actions les mèneront vers leur destinée : Aramis, pour aider Fouquet, enrôle Porthos pour kidnapper l’arrogant Louis XIV et le remplacer par Phillipe, le Masque de Fer. D’Artagnan fait tout pour les en empêcher. Athos défaille  lorsque Raoul part à la guerre à cause d’un chagrin d’amour. Tout bascule : le plan d’Aramis et Porthos échoue, ils sont obligés de fuir. D’Artagnan obtient l’estime du roi. Apprenant la mort de Raoul, Athos se laisse mourir. D’abord Porthos, puis Athos et enfin d’Artagnan, ils meurent les uns après les autres. La plus grande des aventures est terminée !

Adaptations cinématographiques :

Vous allez avoir droit à un très bon film et à un plutôt mauvais, ce sont les seuls que j’ai à la maison et qui traitent du sujet.

Pour Vingt ans après : il ne faut pas oublier le troisième et dernier film de la trilogie de Richard Lester : « Le retour des Mousquetaires » (1989). Il garde les mêmes ingrédients qui ont si bien réussi pour les deux précédents (voir « BDs, films, parodies… »). Sauf qu’Hollywood a rajouté son grain de sel : Mordaunt devient une magnifique jeune femme, Justine de Winter (Kim Catrall – Sex and the City) qui séduit Raoul de Bragelonne (C. Thomas Howell), un jeune homme de 20 ans passionné d’astronomie. On ne peut pas reprocher au réalisateur de rajouter un peu de sensualité à une oeuvre essentiellement masculine. Ce film est très agréable à regarder même s’il est moins fidèle que les deux autres.

Pour le Vicomte de Bragelonne : ce n’est pas réellement l’intégralité du roman, ce n’est que le passage du masque de Fer. « L’Homme au Masque de Fer » est un film de Randall Wallace (2000) regroupant Leonardo Dicaprio (Louis XIV/Philippe), Jeremy Irons (Aramis), Gérard Depardieu (Porthos), John Malkovich (Athos) et Gabriel Byrne (d’Artagnan). Ne cherchez pas, le film n’est pas du tout fidèle au roman. L’intérêt réside dans le jeu des acteurs, les décors et les costumes. Je précise pour ceux qui se poseraient la question : d’Artagnan n’a pas eu de liaison avec Anne d’Autriche et encore moins, n’est le vrai père de Louis XIV, Christine n’existe pas, le complot n’a pas réussi et d’Artagnan ne meurt pas de cette manière.

Le saviez-vous ?

C’est fini, mon argumentation est terminée !
J’espère que mon blog vous a plu. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à poster un commentaire sur l’article correspondant.

Pour conclure en beauté et rien que pour le plaisir, voici le dernier paragraphe du dernier chapitre « La mort de M. d’Artagnan » dans le Vicomte de Bragelonne :

« Alors serrant de sa main crispée le bâton brodé de fleurs de lis d’or, il abaissa vers lui ses yeux qui n’avaient plus la force de regarder au ciel, et il tomba en murmurant ces mots étranges, qui parurent aux soldats surpris autant de mots cabalistiques, mots qui avaient jadis représentés tant de choses sur la terre, et que nul, excepté ce mourant, ne comprenait plus :

– Athos, Porthos, au revoir. – Aramis, à jamais, adieu !

Des quatre vaillants hommes dont nous avons raconté l’histoire, il ne restait qu’un seul corps : Dieu avait repris les âmes. »

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