BDs, films, parodies…

Le saviez-vous ?

Les trois Mousquetaires est le roman de cet auteur le plus traduit, le plus lu et le plus adapté au monde !

Alors, évidemment, ce que je vais vous montrer n’est qu’une sélection. Ce sont les adaptations que je considère les plus réussies et que je me permets de critiquer.

En bande dessinée :

Cette série de quatre tomes a été conçue par Jean David Morvan, Michel Dufranne (scénario) et Rubén (dessin) de 2007 à 2010 et imprimée aux éditions Delcourt dans le collection Ex-Libris.
L’histoire raconte les aventures de d’Artagnan, jeune Gascon de 18 ans, qui décide de monter à Paris pour devenir mousquetaire du Roi.


(In)fidélité : très peu de remarques à faire. Les erreurs commises sont minimes et justifiées (l’armoire de Milady, le refuge chez Aramis, la brusquerie de Tréville, le costume de De Wardes, etc.). Les auteurs ont conservé les dialogues, les personnalités et même  les descriptions originaux. Ils ont  toutefois modifié quelques lieux et situations secondaires. Tout en respectant l’oeuvre, ils utilisent l’analepse (flashback) pour rendre le récit moins touffu, plus spontané. Passer du roman à la bande dessinée, c’est devoir passer du descriptif au visuel.
Mon avis : je trouve ces bandes dessinées prenantes, drôles, extrêmement fidèles, modernes aussi. Paraissant enfantins au premier abord, les dessins rappellent le manga, avec des tracés énergiques et précis. Les puristes comme moi ne vont pas être déçus, Alexandre Dumas a été entièrement respecté. C’est un très bel hommage de la part de ces trois auteurs ! Bravo !

En film :

Je ne vais décrire que deux films parmi les centaines d’adaptations qui existent.
Ces deux films de 1974, intitulés « Les Trois Mousquetaires » et « Le retour de Milady« , font partie de la trilogie de Richard Lester (Superman II et III).
Ils réunissent une pléiade d’acteurs célèbres : Oliver Reed (Gladiator), Richard Chamberlain (Les oiseaux se cachent pour mourir), Frank Finlay (le Pianiste), Christopher Lee (Le Seigneur des anneaux), Faye Dunaway (Bonnie and Clyde), Charlton Heston (Ben Hur), etc.
D’Artagnan, jeune homme tout juste sorti de sa Gascogne, se rend à Paris pour devenir mousquetaire. Il se lie d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis, les trois mousquetaires, à la suite d’une bataille contre les gardes du Cardinal.
(In)fidélité : cette trilogie est l’adaptation cinématographique la plus fidèle de tous les temps. Cela ne veut pas dire qu’elle est parfaite, bien au contraire ! Les principaux défauts sont dus aux clichés hollywoodiens (d’Artagnan est analphabète, les prisons sont sordides, les bourgeois deviennent des miséreux…) et à la suppression de certains personnages (Mme de Chevreuse, de Wardes, Lord de Winter, les valets sauf Planchet…). Si vous (re)lisez « Milady & Co. », vous verrez que cela perturbe quelques événements-clé. Malgré tout, les personnalités et certains épisodes (le vin d’Anjou, le blanc-seing, Felton…) sont fidèlement respectés.
Mon avis : même si le film a un peu vieilli, quel plaisir de le regarder ! Les décors et les costumes sont magnifiques, les scènes de combat, nombreuses et réalistes. L’humour est omniprésent avec quelques clins d’oeil (le sous-marin, les jeux d’époque, la botte de Porthos, technique pour manger). Superbement mis en musique par Lalo Schifrin (Mission Impossible, Starky et Hutch, L’inspecteur Harry), vous serez conquis par ces charmants mousquetaires. « Tous pour un, un pour tous ! »

En dessin animé :

Quand j’étais petite, je regardais « Albert, le cinquième mousquetaire« . C’est une série animée parodique franco-canadienne de 1993, divisée en 26 épisodes de 26 minutes. Roland Giraud prête sa voix à Albert et Gérard Hernandez, à d’Artagnan.
Alexandre Dumas s’est trompé : d’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis n’étaient pas seuls. Ils avaient avec eux, Albert de Parmagnan, oublié à cause de sa petite taille. Sans lui, ils n’auraient jamais pu combattre un seul garde du Cardinal.
(In)fidélité : difficile de juger une parodie sur sa fidélité à l’oeuvre.  Toutefois, celle-ci nous fait régulièrement des clins d’oeil au texte original (le siège du Faisan doré = le siège de la Rochelle). La plus grande qualité de chaque personnage devient son énorme défaut : Athos est sénile, d’Artagnan est stupide, etc. On retrouve, outre les quatres mousquetaires, des personnages connus : Louis XIII, en petit mari aimant, Anne d’Autriche, en jolie femme fidèle, Richelieu et Milady, en conspirateurs machiavéliques, Buckingham, en homme rendu gâteux par l’amour et M. de Tréville, en capitaine (très) lent à la détente.
Mon avis : ce dessin animé est frais, mignon, léger et très amusant. Certes un peu naïf sur les bords (c’est destiné aux enfants à la base), on reste quand même subjugué par ces mousquetaires imbéciles et maladroits. La musique du générique risque d’ailleurs de vous rester dans la tête pendant un petit moment ! Hourra pour Albert !

Le top du flop

Comme Alexandre Dumas et ses oeuvres sont maintenant dans le domaine public, plus personne ne se soucie de la fidélité à l’auteur. Et malheureusement, ça se voit ! Beaucoup de films osent écrire « d’après/inspiré des Trois Mousquetaires » alors que leur scénario n’a plus rien à voir.
J’ai ici deux exemples qui ont dû faire retourner notre auteur dans sa tombe !

D’Artagnan (2001), film de Peter Hyams :

En 1625, Richelieu cherche à prendre le trône de France. Avec son homme de main, Fèbre, il remplace les mousquetaires par des gardes rouges. D’Artagnan, aidé par les trois mousquetaires et son meilleur ami Planchet, met tout en oeuvre pour sauver la Reine et la France de ce complot diabolique.
Difficile de faire une plus grossière adaptation de ce roman enchanteur ! Les scènes de combats sont surfaites, les dialogues sont niais, les acteurs, sans talent et les clichés, nombreux.

Mickey, Donald et Dingo : les trois Mousquetaires (2004) :

Mickey, Donald et Dingo sont de modestes serviteurs rêvant de devenir mousquetaires. Le jour où leur rêve se réalise, ils sont entraînés malgré eux dans un complot visant à débarrasser le royaume de sa princesse.
Instruire les enfants sur la littérature et la musique classiques, c’est depuis longtemps  le but très louable des studios Disney. Malheureusement, ce principe n’a pas fonctionné pour ce film. Outre le plaisir de retrouver Mickey et ses amis dans un long-métrage, on est tout simplement exaspéré par les chansons dégoulinantes de bons sentiments et l’absence totale de points communs avec l’oeuvre de Dumas. Même si ce dessin animé plaît aux jeunes enfants, je ne le recommande pas pour leur instruction classique.

Le saviez-vous ?

Alexandre Dumas a adapté lui-même son roman : une pièce de théâtre intitulée La jeunesse des mousquetaires (1849).

J’ai ici un extrait du Magazine Littéraire n°494 qui conclut parfaitement cet article : « Le cinéma paraît d’emblée s’être reconnu dans la saga de l’écrivain, qui fut adapté dès 1898. Les Trois Mousquetaires le seront plus de cent fois, incarnant souvent une fantaisie fondatrice. A l’écran, les mousquetaires sont des parodies du livre et de ses adaptations : autant d’enfants faits dans le dos de l’écrivain, ainsi que lui-même procédait avec l’Histoire. »

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Published in: on 29 novembre 2010 at 14:14  Comments (1)  
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  1. Un article riche en informations et vivant grâce à toutes ces vidéos !


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